Le photovoltaïque est en pleine expansion, notamment suite à l’engagement de l’état dans la transition énergétique. Il revêt de plus en plus les toitures des bâtiments tertiaires et industriels. Quels bénéfices peut-on en attendre ? Comment tirer profit d’une installation ? Pascal Martin, directeur général du groupe Legendre et président de Legendre Energie, spécialisée dans l’installation de centrales solaires photovoltaïques en autoconsommation, livre son expertise sur l’autoconsommation et ses conseils pour réussir son projet.

L’autoconsommation aujourd’hui

Pascal Martin
Pascal Martin

Pouvez-vous nous expliquer en quelques mots en quoi consiste l’autoconsommation et quels sont les avantages pour les bâtiments tertiaires et industriels ?

« C’est produire et consommer localement son énergie renouvelable, de manière à subvenir à une partie de ses besoins électriques.

Pour les bâtiments tertiaires et industriels, le premier avantage est financier : le client réalise de réelles économies sur la part des besoins couverte par le solaire et sur la sécurisation de son approvisionnement électrique.

Puis, l’installation d’une centrale solaire permet une valorisation du patrimoine et l’obtention de certifications pour le bâtiment. Cela peut aussi être un atout pour respecter des obligations comme dans le cas de la loi biodiversité. Cette loi impose aux aménageurs/promoteurs d’installer une toiture végétalisée ou une centrale solaire. L’obligation s’applique pour tout projet de construction ou extension dont la demande de permis de construire a été déposée après le 1er mars 2017.

Enfin, un autre avantage serait la communication sur l’engagement environnemental pour les entreprises. »

Il y a encore quelques années, l’électricité photovoltaïque produite était revendue aux fournisseurs d’énergie ? La tendance semble s’inverser, pour quelles raisons ?

« La raison est simple et a un nom : on atteint la parité réseau. C’est-à-dire que le prix de production de l’électricité solaire est plus bas que le tarif de l’électricité du réseau. Il devient donc plus intéressant financièrement de l’autoconsommer localement. »

 

Rendement énergétique et retour sur investissement

Quelle production d’énergie peut-on attendre d’une installation solaire photovoltaïque en autoconsommation ?

« D’abord une production fiable, verte et locale. On parviendra classiquement à produire avec l’installation solaire 20 à 30% des besoins électriques du site. »

Comment limiter l’investissement et quels sont les bénéfices financiers ?

« Deux schémas sont possibles. Le premier : on investit dans son outil de production avec une rentabilité projet propre soit 20 à 30% d’économies chaque année sur la facture d’électricité et des temps de retour sur investissement entre 5 et 10 ans.

La deuxième possibilité permet de conserver sa trésorerie : le financement est assuré par l’installateur, qui vend la production solaire à un tarif compétitif. Les gains pour l’autoconsommateur sont immédiats, mais forcément un peu moins conséquents sur le long terme. Tout dépend de l’objectif et de la situation de l’entreprise mais dans les deux cas elle est gagnante. »

 

Réussir son projet d’autoconsommation et perspectives

Comment s’assurer de la réussite d’un projet d’autoconsommation ?

« Comme pour tout projet lié à la transition énergétique, la réussite commence évidemment par un dimensionnement adéquat et une étude détaillée des consommations du site.

Mais surtout, et c’est d’autant plus valable pour l’autoconsommation qui est un phénomène récent, il est capital d’en maitriser tous les aspects réglementaires et financiers, ainsi que les schémas de mise en œuvre associés. C’est ici qu’une entreprise comme la nôtre, qui évolue dans le secteur de l’Energie depuis plus de 10 ans, fait la différence avec son retour d’expérience. »

Quelles perspectives peut-on envisager pour l’autoconsommation des bâtiments tertiaires et industriels ?

« Si l’autoconsommation à l’échelle d’un bâtiment tertiaire/industriel est déjà un modèle pertinent aujourd’hui, il le deviendra encore plus à l’avenir pour deux raisons.

  • La première est technique : avec la diminution des coûts – des batteries notamment, les projets existants pourront demain être améliorés pour se rapprocher toujours plus de l’autonomie énergétique.
  • La deuxième raison est réglementaire : il deviendra possible dans les mois à venir d’élargir le périmètre des opérations d’autoconsommation à plusieurs bâtiments, en partageant l’électricité entre plusieurs consommateurs. C’est encore une opportunité sur laquelle nous nous nous plaçons en précurseur en proposant dès aujourd’hui les modèles de demain. »

 

Crédit photo : Centrale solaire photovoltaïque en autoconsommation d’une puissance de 354kWc, installée sur le siège de Rouen Métropole (Legendre Energie)