Le bâtiment produit de plus en plus de données. A titre d’exemple, en 2008, un bâtiment lambda était équipé de 10 compteurs en énergie contre en moyenne 300 aujourd’hui. Le développement de L’IoT accentue davantage le phénomène. A tel point que seulement 0,5% des données existantes sont analysées et valorisées. Or, exploiter les données est la clé pour la performance des bâtiments. Découvrez dans cet article comment tirer profit de vos données en réalisant à la fois des économies et en offrant plus de confort aux occupants.

 

Bien collecter les données du bâtiment

Les données sont des ressources clés pour la bonne exploitation et maintenance des bâtiments. Elles permettent d’avoir une meilleure vision du patrimoine. Mais quelles sont les données pertinentes à collecter ?

Plus vous avez de données, plus l’analyse sera riche. Les experts énergétiques tirent des enseignements en combinant l’analyse de données provenant de différentes sources : données patrimoniales (Wh/m², occupation, heures d’ouvertures, etc.), factures d’énergie , mainteneurs et prestataires (dépannages, journées d’intervention, réglages des installations, etc.), données Enedis relatives aux consommations électriques, données liées au système de Gestion Technique des Bâtiments (informations sur le confort, les consommations, la gestion de l’immeuble) ou encore les données recueillies via des objets IoT remontées par le cloud (comptage des énergies, confort, fréquentation, serveurs météo,etc.)

Pour sécuriser la collecte des données numériques, assurez-vous qu’elles soient stockées, par vous ou votre prestataire, chez un hébergeur basé en France et proposant un contrat de garantie de fonctionnement. Vous pouvez également faire le choix d’héberger vos données sur vos propres serveurs.

 

Comment tirer des bénéfices des données ?

Croiser l’ensemble de ces données va permettre de réaliser des analyses de corrélation. Il s’agit de créer des liens entre des données qui à première vue n’ont rien à voir les unes avec les autres. C’est là, tout l’intérêt du big data. Dans un contexte multi-sites, les comparaisons d’un site à un autre permettent de déduire des profils types de bâtiment ou modèles de fonctionnement. On apprend ainsi qu’un certain type de bâtiments suit une loi pour la corrélation de 2 données. Si un bâtiment ne suit pas cette loi, alors le bâtiment est en dérive.

Par exemple, un bâtiment fonctionnant correctement doit avoir des consommations de chauffage proportionnelles à la température. Si un site consomme 7% de plus d’électricité alors que la température est supérieure de seulement un degré, alors les consommations ne sont pas optimisées. En multi-sites, cela concentre les efforts sur les bâtiments en difficulté. En monosite, il vous est plus difficile d’avoir des points de référence. Dans ce cas l’expertise et l’expérience d’un energy manager vous sera s’une aide précieuse pour effectuer des comparaisons de votre bâtiment avec les standards de votre secteur et de votre type de bâtiment.

L’analyse de corrélation sur un grand nombre de données pertinentes vous donne une meilleure vision de votre patrimoine et vous permet ainsi de prioriser les actions à mettre en œuvre.

Cette priorisation se fait également sur la base d’indicateurs clés de performance. Il y a certes, des indicateurs classiques, comme les watts par m² pour analyser les consommations énergétiques, mais il en existe bien d’autres très utiles. Grâce son expérience, un energy manager sera en mesure d’apporter des indicateurs de performance pertinents, définis d’après des modèles de fonctionnement de bâtiment.

Ces indicateurs  sont déterminants pour la mise en place d’un plan d’actions performant. C’est pourquoi il est nécessaire de les visualiser clairement. Pour cela, les informations peuvent être traitées et modélisées via une plateforme web proposant un tableau de bord reprenant les indicateurs clés de performance. Les données sont affichées graphiquement sous forme de widgets adaptés aux besoins. L’information devient alors claire, simple et lisible. Cet outil sera une aide à la décision incontournable. Mais visualiser n’est qu’une étape vers la performance ! Pour véritablement optimiser l’énergie durablement et pérenniser les installations, il est nécessaire d’intégrer des systèmes intelligents dans le bâtiment.

 

Mettre en place un plan d’action efficace pour un bâtiment performant

Cette première étape d’analyse réalisée, il est temps de passer à l’action. Si des dérives ont été détectées, il est nécessaire de définir un plan d’actions correctives. Le préventif et le prédictif sont également clés pour limiter les consommations et pérenniser les installations. Anticiper le besoin en chauffage et en climatisation s’avère ainsi essentiel. L’analyse des données méteo peut par exemple répondre à cette nécessité.

En  couplant ces 2 phases d’analyse et d’action, les bénéfices sont nombreux pour les gestionnaires de bâtiments. Le plus évident est lié aux économies d’énergies réalisées. A titre d’exemple, le groupe BPCE a mené ce travail d’analyse et de traitement de la data. Les services généraux sont donc en mesure d’anticiper les travaux, les pannes et ainsi d’avoir une meilleure prévision des investissements à venir. Le traitement des données big data peut permettre d’identifier des mauvais paramétrages des installations d’un parc immobilier. Les corrections sont ainsi simples à mettre en œuvre, d’autant plus que les technologies sont de plus en plus ouvertes et accessibles à un coût réduit. Le groupe s’est ainsi doté d’un système de pilotage en IoT pour régler simplement les installations. Les horaires, les températures de consignes peuvent ainsi être paramétrées à distance. Le gestionnaire dispose donc d’une meilleure visibilité sur son parc de bâtiments. Dans le même temps, le confort des collaborateurs est amélioré. (Pour en savoir plus : Découvrez le témoignage de la BPCE).

Une démarche d’efficacité énergétique réussie repose donc sur 2 phases essentielles : l’analyse et l’action, à laquelle on peut ajouter la sensibilisation des occupants.

La phase d’analyse est une étape permettant d’identifier les dérives et les indicateurs servant de bases au plan d’action. La phase d’action est la suite logique. Mais le rôle des experts en Energy Management est également d’expliquer aux gestionnaires de bâtiments l’impact des comportements sur les charges financières et sur l’environnement.