C’est un fait, les bâtiments représentent 44% de la consommation d’énergie en France. Un chiffre non négligeable à l’heure de la transition et de la performance énergétique. L’Intelligence Artificielle contribue à réduire l’impact environnemental des bâtiments tout en garantissant confort et services aux occupants. Pour cela, le Gimélec livre 10 clés pour des bâtiments performants dans son manifeste dédiée à l’Intelligence Artificielle.

Après six mois d’enquête et d’interviews auprès des acteurs de la filière du bâtiment, le Gimélec a présenté le 14 octobre dernier son manifeste intitulé « Intelligence Artificielle : agissons ensemble pour des bâtiments performants ». Ponctués de nombreux cas d’application, cet ouvrage fait un constat de la filière et dévoile les enjeux et les bénéfices de l’Intelligence Artificielle dans les bâtiments.

Incontournable dans la filière, le Gimélec livre ses 10 recommandations pour déployer l’Intelligence Artificielle au sein des bâtiments existants afin de les rendre davantage performants.

Avec l’IA, nous passons d’un système de gestion technique à la notion de services à l’occupant, pour le confort et la performance du bâtiment, l’optimisation des surfaces ou encore la sécurité. L’IA contribue à améliorer ces services ; elle s’adapte aux usages et reconfigure les modèle au fil de l’évolution des besoins. Si aujourd’hui, l’IA préconise, demain elle agira pour le compte de l’exploitant. 

Bruno Quemener

Directeur des systèmes d'information et Chef de projet IA, Delta Dore

Les 10 recommandations du Gimelec

1. Accélérer le déploiement de l'IA dans le secteur du bâtiment

Le parc de bâtiments tertiaires existant représente un potentiel de mise à niveau d’environ 1 milliard de mètres carrés. Ce gisement est colossal et en attente d’une gestion active de l’énergie dopée par l’IA. Ces bâtiments et les données nécessaires à l’IA sont localisés sur notre territoire. Toutes les conditions sont réunies pour améliorer leur efficacité et leur niveau de service, avec des modèles plus simples à déployer. Plus ces bâtiments seront nombreux à intégrer l’IA, plus vite ils seront enclins à bénéficier d’améliorations de leurs performances. Le GIMELEC propose la mobilisation de toute la filière du bâtiment pour améliorer la performance du parc existant.

2. Responsabiliser les acteurs autour des solutions offertes par l'électronumérique

En matière d’efficacité énergétique, il est fondamental que les acteurs du bâtiment tertiaire fasse l’objet d’une sensibilisation massive concernant les moyens de pilotage à mettre en oeuvre ; le tout dans un cadre de confiance incitatif, engageant la mobilisation et la responsabilité des différents acteurs. Le GIMELEC propose d’accompagner les entreprises dans la montée en puissance des obligations de résultats (tel le décret tertiaire) par la formation et la responsabilisation des acteurs (chefs d’entreprises, salariés, propriétaires, exploitants et occupants). Tous ensemble réellement mobilisés pour consommer moins, consommer mieux !

3. Partager et valoriser les cas d'usage de l'IA

Dès à présent, il importe de caractériser les expériences en cours, dans le but de rapidement déployer chaque cas d’usage à grande échelle. Ce partage d’expérience, fruit d’un travail collectif et collaboratif, permettra d’apporter plus vite des réponses aux grands enjeux sociétaux actuels. Le GIMELEC encourage les acteurs du bâtiment (promoteurs, facility managers, etc …) à s’engager dans un déploiement à grande échelle.

4. Activer les régions pour moderniser les bâtiments avec l'IA

Le Schéma régional de développement économique, d’innovation et d’internationalisation (SRDEII) définit notamment « les orientations en matière d’aides aux entreprises, de soutien à l’internationalisation et d’aides à l’investissement immobilier et à l’innovation des entreprises, ainsi que les orientations relatives à l’attractivité du territoire régional ». Dans ce contexte, les régions pourraient activement contribuer au développement du smart building allié à l’IA et accompagner les différentes parties prenantes. À l’image de l’accompagnement des entreprises françaises vers l’industrie du futur, le GIMELEC propose de mettre en place des plateformes d’accélération régionales pour rendre le secteur du bâtiment plus performant.

5. Standardiser et normaliser les échanges de données

En vue d’accélérer le déploiement des solutions et services énergétiques en France et à l’export, les acteurs du Comité stratégique de la filière « Nouveaux Systèmes énergétiques » proposent le développement d’un socle numérique visant à standardiser  et normaliser les échanges de données. L’enjeu est de dé-siloter les applications énergétiques par l’adoption de règles communes pour les échanges de données. Il s’agit de compléter les plateformes existantes et à venir par des fonctions et protocoles de communication standardisés permettant des échanges interopérables et cybersécurisés. Le GIMELEC recommande que ce socle numérique soit mis en oeuvre à grande échelle sur le territoire et au service
des acteurs économiques.

6. Renforcer le soutien aux programmes de recherche en IA appliquée au bâtiment

Favoriser les programmes de recherche français et européens susceptibles d’avoir un impact sur le déploiement de nouvelles solutions en incluant toute la chaîne, depuis l’acquisition de données jusqu’à leur gestion et à la mise en oeuvre de techniques d’IA fiables, sécurisées et respectant les critères de respect de la vie privée et d’éthique. Le GIMELEC recommande de soutenir, par des financements publics et privés, les programmes de recherche en intelligence artificielle appliquée au bâtiment, et notamment ceux visant à améliorer le bilan carbone et les performances énergétiques.

7. Favoriser l'accès aux données

Le développement d’outils d’intelligence artificielle s’appuie fortement sur l’analyse de données pertinentes. Pour permettre à la France et à l’Europe de rester en pointe dans les solutions innovantes à base d’IA pour le bâtiment, il est essentiel que les acteurs disposent du maximum de données sur le fonctionnement des bâtiments, dans le respect de la vie privée et de la confidentialité. En cohérence avec son plan France IA et sa volonté de promotion de l’open data, le GIMELEC appelle le Gouvernement à s’engager pour :
• mettre à disposition des acteurs de l’IA dans le bâtiment le plus grand nombre de données possibles issues du parc immobilier public et étendre l’Open Data à l’échelle européenne par des accords multi-latéraux ;
• définir au niveau européen et national des cadres réglementaires favorisant l’accès libre à des données anonymisées du bâtiment par les acteurs privés, dans le respect des valeurs européennes ;
• soutenir l’installation d’équipements connectés dans les bâtiments (tableaux électriques, thermostats, interrupteurs…) lors des travaux de rénovation énergétique, pour permettre le développement de services d’efficacité énergétique s’appuyant sur l’IA et le numérique ;
• encourager, en France et en Europe, le développement des data centers énergétiquement performants, infrastructures indispensables à l’essor d’une industrie européenne de l’IA.

8. Intégrer l'IA dans les dispositifs de formation

Qu’il s’agisse de formation initiale ou continue, le déploiement de l’IA au sein des programmes est capital. À de multiples niveaux d’intervention et de compétences, les professionnels ont besoin d’accéder à ces connaissances. La filière a rapidement besoin de nouvelles forces vives rompues aux nouveaux usages. Le GIMELEC recommande d’intégrer dès à présent l’intelligence artificielle et le traitement des données dans les modules de formation.

9. Alléger les processus réglementaires dont ceux concernant l'iA

Il existe aujourd’hui un fort décalage entre les prises en compte réglementaires des nouvelles technologies et l’évolution même de ces technologies. Par exemple, le délai d’instruction et de mise en pratique d’une nouvelle fiche de certificat d’économie d’énergie (CEE) peut atteindre deux ans et plus. Il est plus que jamais nécessaire de trouver des mécanismes d’incitation tout aussi performants et rigoureux, et dont le GIMELEC peut être le référent, avec un cycle de décision et de mise en oeuvre plus rapide.

10. Renforcer la capacité d'échanges entre les acteurs de la chaîne au profit de la fiabilité et cybersécurité

Les parties prenantes du monde du bâtiment ont un intérêt collectif à échanger pour diffuser les bonnes pratiques, renforcer les compétences des opérateurs, remonter les signatures d’attaque et les informations sur les menaces émergentes et enfin, s’accorder sur des modalités opérationnelles de mise à jour des systèmes logiciels au cours du cycle de vie des produits et systèmes. Le GIMELEC contribuera activement à la mise en place de cette coopération renforcée entre acteurs de la cybersécurité.

A propos du GIMELEC
Le GIMELEC est le groupement des entreprises de la filière électronumérique en France. Ses 200 membres génèrent 15 milliards d’euros de CA depuis la France et emploient 67 000 personnes en France. Les adhérents conçoivent et déploient les technologies électriques et numériques pour le pilotage optimisé et sécurisé des énergies, des infrastructures, de l’industrie, des bâtiments et de l’électromobilité. A la conjonction de l’électron et de l’octet, l’engagement du GIMELEC en faveur de l’économie circulaire s’inscrit dans une volonté de développement des entreprises en France et à l’international. Electrique, numérique et écologique, tel est notre futur ! Nous décuplons les énergies.